06.10.2010

Dick Marty a-t-il perdu la tête ?

Moins de deux ans après que les Suisses aient massivement rejeté la dépénalisation de la consommation de cannabis, Dick Marty propose de libéraliser le commerce de la drogue, et de le faire passer entre les mains de l’Etat. Il s’agit de toute évidence d’une idée absurde, ce d’autant plus qu’elle provient d’un ancien procureur. Prétendre qu’une personne consommant de l’héroïne « propre » peut travailler et vivre normalement est une aberration. La prescription d’héroïne ne fait que maintenir la personne dans sa dépendance et ne lui offre aucune perspective d’avenir. Seule l’abstinence permet aux toxicomanes d’élaborer un projet de vie, de prendre un nouveau départ dans l’existence.

 

L’Association romande contre la drogue (www.arcd.ch), qui s’engage en faveur d’une politique restrictive en matière de stupéfiants, s’est opposée avec succès à l’ouverture du local d’injection de Lausanne et à la dépénalisation du cannabis. Il est utopique de croire que le marché de la drogue peut être contrôlé. Faire une comparaison avec la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis est un non sens. Aucun pays au monde n’envisagerait pareille libéralisation du commerce de la drogue, et certainement pas nos voisins européens. Pas même la Hollande qui a fait marche arrière en fermant ses fameux « coffee shop » pour freiner le tourisme de la drogue. Imagions l’appel d’air qui serait provoqué si notre pays décidait un jour de libéraliser la consommation de stupéfiants. La Suisse deviendrait un véritable eldorado de la drogue et attirerait de très nombreux dealers.

 

Prétendre que le tabac est plus dangereux que le cannabis dénote une méconnaissance du sujet. Le cannabis d’aujourd’hui est une drogue dure, extrêmement dangereuse et dont l’action sur la santé est dramatique: troubles somatiques et maladies psychiques telles que psychoses, dépressions, attaques de panique, hallucinations, crises paranoïaques. Les abandons d’apprentissages ou de l’école sont fréquents. La propension à la violence augmente. Le cannabis n’est pas inoffensif et doit rester interdit. De plus, nos autorités sanitaires seraient bien inspirées de revenir, pour le traitement de la toxicomanie, à des thérapies qui ont fait leurs preuves.

 

De toute évidence, Dick Marty a perdu le sens des valeurs. Demander à la Confédération de réglementer la consommation de drogue serait un acte d’inconscience et transformerait profondément notre pays en Etat dealer. L’Organe international de contrôles des stupéfiants (OICS) a d’ailleurs épinglé la Suisse à plusieurs reprises dans sa politique de la drogue, en particulier sur la prescription d’héroïne. On imagine à peine ce qui se passerait si notre pays faisait ne serait-ce qu’un pas de plus dans le sens de la libéralisation.

 

La Suisse n’a pas besoin de procureurs qui capitulent face à la drogue, mais de procureurs qui ont la force morale de combattre ce fléau. Que Dick Marty s’en souvienne.

 

01.12.2009

Minarets : respecter la décision populaire

Depuis dimanche, la communauté internationale s’acharne sur la décision démocratique prise par la majorité des Suisses de soutenir l’initiative « Contre la construction de minarets ». La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a quant à elle déclaré que l’initiative était discriminatoire, hésitant même à condamner un vote démocratique.

Tout d’abord, il est utile de rappeler que l’interdiction des minarets n’est pas discriminatoire puisque ces derniers n’ont pas de nécessité religieuse. Si l’initiative s’en était prise à la pratique d’une religion, à la construction de lieux de cultes, à la liberté de se rassembler ou encore de partager sa foi, il y aurait eu effectivement discrimination. Ça n’a pas été le cas.

L’ONU nous avait habitué jusqu’ici à plus de respect des droits démocratiques et de la souveraineté des Etats-nations. De toute évidence, ce n’est plus le cas. L’ONU vient de se comporter en organisation totalitaire qui se permet de faire la leçon à un état de droit dont les citoyens jouissent de droits fondamentaux que sont l’initiative et le référendum, système de démocratie directe quasi unique au monde.

Au soir même de la votation, des voix se sont élevées en Suisse pour remettre en question la décision du souverain sur le plan juridique, prévoyant même de saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme. On croit rêver. Même si l’on peut admettre que l’initiative pose un problème philosophique, comment peut-on mépriser ainsi une décision prise démocratiquement par une majorité de la population qui a voter selon sa conscience ?

Ceci dit, l’heure est à l’apaisement. Contrairement à d’autres partis politiques, nous pensons qu’il faut marquer un temps d’arrêt, et ne pas en rajouter en terme d’interdiction. Le résultat du 29 novembre va sans doute donner un bon coup de frein aux revendications des dirigeants musulmans dans notre pays. Les signes de radicalisation de l’Islam devraient eux aussi s’atténuer.

Quoi qu’il en soit, l’UDF, qui est à l’origine de l’initiative, assume pleinement son engagement en faveur de l’interdiction des minarets. Notre parti politique considère que la paix confessionnelle et la liberté religieuses sont ainsi préservées.

31.10.2009

NON à une prolongation illimitée de Mühleberg

A l’heure actuelle, l’autorisation d’exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg est limitée dans le temps et réétudiée à chaque échéance. Sachant que la centrale est vétuste et que le cœur du réacteur est fissuré à plusieurs endroits, il serait irresponsable de donner un blanc-seing à son exploitation. La question de la sécurité et de la santé publique doit être centre de notre réflexion. Il ne faut pas se voiler la face, le risque qu’un accident grave se produise est bien réel. L’Inspectorat fédéral de la sécurité nucléaire a désigné cette centrale comme la plus sûre de Suisse. On ose à peine imaginer dans quel état se trouvent les autres centrales…

L’énergie est nécessaire à la consommation de biens et de services. Il importe de penser également aux générations à venir. La production d’énergie nucléaire les prétérite clairement, tant par le stockage des déchets radioactifs que par la problématique de la désaffectation des centrales. Les coûts engendrés par de telles opérations seront de plus en plus importants et seront à charge de nos enfants. Les moyens qui devront être investis seront colossaux et ne pourront pas être utilisés dans d’autres domaines. Pour rappel, le développement durable a pour but de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

Les Saintes Ecritures nous amène un éclairage très intéressant sur chaque époque. Les êtres humains sont appelés à en faire bon usage de l’intelligence qui leur a été donnée, ce qui n’est hélas pas toujours le cas. Dans le domaine qui nous intéresse, les connaissances techniques actuelles concernant les énergies renouvelables nous permettent de faire face aux besoins énergétiques des prochaines années. La Création, notamment le soleil et le vent, nous donne des possibilités presque sans limite. Ethiquement, la production d’énergie qui se renouvelle est beaucoup plus judicieuse que celle qui présente un risque important pour la population, en l’occurrence l’énergie nucléaire. Prendre soin de cette Création est aussi une de nos responsabilités.

L’humanité doit savoir faire preuve de discernement. Sachant que les énergies renouvelables présentent des avantages incontestables, et qu’elles peuvent remplacer à terme l’énergie nucléaire, nous voulons affirmer le temps des centrales nucléaires est révolu. Vouloir en construire de nouvelles va à l’encontre de toute logique. Il faut néanmoins s’attendre à que de grands groupes, par pur intérêt financier, fassent le forcing auprès des autorités fédérales pour créer de nouvelles centrales. Dans le domaine des énergies, le temps est au changement. L’économie, si elle est gérée de manière adéquate, permettra de créer de nombreuses places de travail dans le domaine du renouvelable. C’est déjà le cas par exemple en Allemagne. Les grands groupes en question devraient par conséquent saisir cette opportunité pour reconvertir leurs activités.

La protection de l’environnement est une des valeurs chrétiennes sur laquelle l’UDF Vaud fonde son action politique. Notre parti a pris position à plusieurs reprises dans ce sens au Grand Conseil par l’intermédiaire de celui qui vous parle. La question sur laquelle les vaudoises et les vaudois devront se prononcer est très importante, en particulier au niveau éthique. Comme le dit l’Ecclésiaste, il y a un temps pour tout. Celui de l’énergie nucléaire touche à sa fin, alors que celui des énergies renouvelables a déjà commencé. Nous invitons dès lors nos concitoyens à voter NON le 29 novembre prochain.